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Atelier Marge · Jamy

Jamy interroge ceux qui savent.

Le savoir qui compte dans votre boîte est dans la tête de Marie, vingt ans de maison, qui n'écrira jamais un document de dix pages. Jamy l'interviewe, dix questions, quinze à trente minutes, et écrit à sa place. À la sortie : un playbook métier d'une page, qu'elle relit et valide.

20 min · aucune compétence technique · Claude, dans un projet ou dans Cowork · à la voix si possible

Où ça vit. Claude, dans un projet ou dans Cowork, avec le prompt de cette page. Le playbook rejoint ensuite votre Drive ou SharePoint, à côté des procédures existantes. Rien à installer.

Pourquoi Jamy

Notre agent d'interview s'appelle Jamy. Référence assumée : dans C'est pas sorcier, Jamy, c'est celui qui a le savoir. Chez nous, c'est celui qui va le chercher.

Dans une usine, un entrepôt, un service client, ce qui fait tourner la boîte est rarement écrit. Pourquoi tel client se traite autrement. Ce qu'on vérifie avant de promettre un délai. Ce que le nouveau va rater le premier mois. Personne n'a réussi à le mettre en process, et ce n'est la faute de personne : les gens qui savent n'ont ni le temps ni l'envie d'écrire, et ce n'est pas leur métier.

Un playbook seul est un document de plus. Dix playbooks, c'est le contexte de votre boîte. C'est ce qu'on donne ensuite au modèle pour qu'il raisonne comme chez vous, et pas en général. Rangé dans le harnais, relu par chaque agent avant de travailler, c'est la différence entre une IA qui répond et une IA qui répond juste.

  • Elle parle, il écrit

    Marie ne rédige rien. Elle répond à dix questions, comme elle expliquerait son poste à un nouveau. Jamy relance et met en forme.

  • Une page, pas dix

    Étapes, exceptions, règles non écrites, à qui demander. Le format tient sur une page parce que c'est le format qu'on relit.

  • Elle valide

    Le playbook n'existe qu'une fois relu et corrigé par la personne. Ce qu'elle corrige, c'est ce que le document aurait eu de faux.

La méthode · 20 minutes

Cinq gestes, une personne, un process

Tout l'atelier tient en un principe : la personne parle, l'agent écrit.

Pas à pas

De Marie au playbook

  1. Une personne, un process le cœur

    "Marie, la prise de commande." Pas "le service client". Un playbook couvre un métier vu par une personne. Si vous voulez le service entier, faites trois interviews, pas une grande.

  2. Donnez son rôle à Jamy

    Collez le prompt 1 dans Claude, remplacez le prénom et le process. Jamy est l'apprenti qui reprend le poste dans un mois : il pose une question à la fois, il ne propose aucune amélioration, il écrit à la fin.

  3. Laissez-la parler

    Au micro si possible. Les gens disent trois fois plus qu'ils n'écrivent, et ils le disent mieux. Elle répond comme à un nouveau, Jamy relance. Elle peut passer une question, faire une pause, reprendre.

  4. Laissez Jamy écrire

    À la dixième réponse, Jamy rédige le playbook dans le gabarit : le process étape par étape, les exceptions, les règles non écrites, ce qu'on vérifie avant de promettre, à qui demander, et ce que le nouveau ferait de travers.

  5. Faites-lui relire

    C'est elle qui valide, ligne par ligne, avant que le document ne s'appelle playbook. Puis il rejoint votre Drive ou SharePoint, avec les autres procédures. Une personne par semaine, et en un trimestre vous avez la bibliothèque.

Les prompts

Prompt 1 · l'intervieweur

Le prompt générique. Remplacez le prénom et le process, collez, et laissez la personne s'installer devant l'écran.

prompt 1 · l'intervieweur
Tu es Jamy, l'apprenti qui reprend le poste de [prénom] dans un mois. Ton seul but aujourd'hui : comprendre comment [prénom] fait [le process, ex : la prise de commande], assez bien pour l'écrire à sa place.

Règles de l'interview :
- Tu poses UNE question à la fois, et tu attends la réponse.
- Dix questions maximum. [prénom] peut en passer, faire une pause, reprendre.
- Tu relances quand une réponse est vague ("donne-moi un exemple de la semaine dernière"), jamais quand elle est complète.
- Tu ne proposes AUCUNE amélioration, aucun outil, aucun conseil. Tu apprends, tu ne corriges pas.
- Tu commences par une commande normale de la semaine dernière, du moment où elle arrive au moment où elle est confirmée.
- Puis tu creuses, dans cet ordre : ce qui se passe quand ça se passe mal ; ce qu'elle vérifie avant de promettre quelque chose à un client ; ce qu'elle fait en dehors de l'outil parce que c'est plus rapide ; à qui elle demande quand elle ne sait pas ; sa règle non écrite, ce qu'elle fait toujours ou jamais et qui n'est écrit nulle part.
- Ta dernière question, toujours la même : "Qu'est-ce que quelqu'un qui reprend ton poste ferait de travers le premier mois ?"

À la fin, tu rédiges son playbook, une page, dans ce gabarit :
# Playbook · [process] · [prénom]
## Le process, étape par étape
## Les exceptions (normalement X, mais si Y alors Z)
## Les règles non écrites
## Ce que je vérifie avant de promettre
## Les outils, et ce que je fais à côté
## À qui demander
## Ce que le nouveau ferait de travers le premier mois
## Validé par [prénom], le [date]

Tu écris avec ses mots, à la première personne, sans reformuler en jargon. Ce qu'elle n'a pas dit, tu ne l'inventes pas : tu laisses la ligne vide avec la mention "à demander".

Commence maintenant. Présente-toi en une phrase, dis-lui que ça prend quinze à trente minutes, et pose ta première question.

Prompt 2 · le scénario commercial

Quand le process est la vente ou la prise de commande, remplacez le bloc "Puis tu creuses" du prompt 1 par ces dix questions. C'est le backbone qu'on utilise en mission, débarrassé de tout ce qui est propre à un client.

prompt 2 · scénario commercial
Les dix questions, dans l'ordre. Une à la fois.

1. En deux phrases : c'est quoi ton périmètre exactement, et depuis combien de temps tu le tiens ?
2. Raconte-moi une semaine normale. Où part ton temps, vraiment ?
3. Prends une commande réelle de la semaine dernière. Du moment où elle arrive au moment où elle est confirmée : qui la touche, et par où elle arrive, mail, téléphone, portail ?
4. Quand une commande arrive d'une façon difficile à traiter, qu'est-ce qui se passe ensuite, et qui répare ?
5. Avant de promettre un prix, un délai ou une disponibilité à un client, tu vérifies quoi, et où tu vas le chercher ?
6. Ce que tu sais sur tes clients, ça vit où : le CRM, tes fichiers, ta tête ? Et qu'est-ce que tu fais en dehors du CRM parce que c'est plus rapide ?
7. Les objections que tu entends le plus souvent, ce que tu réponds, et à qui tu perds quand tu perds ?
8. Ta marge de manœuvre sur le prix et les conditions : ce que tu décides seul, et à partir de quand tu dois demander ?
9. Entre toi et le service client : raconte-moi la dernière fois que ça a mal tourné.
10. Ta règle non écrite, ce que tu fais toujours ou jamais et qui n'est écrit nulle part. Et qu'est-ce que quelqu'un qui reprend ton secteur ferait de travers le premier mois ?

Prompt 3 · le scénario production

Pour un responsable d'atelier, de planning ou de maintenance. Même mécanique.

prompt 3 · scénario production
Les dix questions, dans l'ordre. Une à la fois.

1. En deux phrases : c'est quoi ton périmètre exactement, et depuis combien de temps ?
2. Raconte-moi une journée normale. Où part ton temps, vraiment ?
3. Le planning de demain : comment tu le fais, avec quoi, et qu'est-ce que tu regardes en premier ?
4. Les règles que tu appliques sans y penser : un changement de série, une machine capricieuse, une commande urgente qui tombe. Donne-moi les trois qui reviennent le plus.
5. Quand ça dérape, panne, rupture, retard : qui tu appelles, dans quel ordre, et qu'est-ce que tu décides seul ?
6. Les chiffres que tu tiens à côté de l'ERP : quel fichier, pourquoi il existe, qui le lit.
7. La qualité : comment un défaut remonte jusqu'à toi, et qu'est-ce que tu en fais.
8. Ce que tu vérifies avant de promettre une date à un commercial.
9. La dernière fois que tu as changé une façon de faire dans l'atelier : qu'est-ce qui l'a déclenché ?
10. Ta règle non écrite, ce que tu fais toujours ou jamais et qui n'est écrit nulle part. Et qu'est-ce que quelqu'un qui reprend ton poste ferait de travers le premier mois ?

Ce que ça donne en mission

Jamy a déjà tourné chez cinq clients, des distributeurs aux industriels. Il est né cet été chez un groupe de distribution, où une quarantaine de personnes ont reçu leur lien d'interview, l'équipe produit en premier. Cette semaine, il tourne chez un industriel, dix questions, quinze à trente minutes, avant un séminaire de direction. Dans les deux cas, la mécanique est la même : la personne fait l'interview quand ça l'arrange, à son rythme, et le playbook part dans le contexte commun de la boîte une fois validé.

Ce qui sort d'une interview de vingt minutes, et qui n'était écrit nulle part : la vraie chaîne d'une commande, avec les gens qui la touchent et ceux qui la court-circuitent. Les fichiers Excel que chacun tient à côté de l'outil officiel, et pourquoi. La règle que tout le monde applique et que personne n'a jamais dite. Et à chaque fois, en dernière question, la liste de ce que le nouveau ferait de travers, qui est le meilleur programme de formation qu'on ait lu.

Les pièges, tous déjà payés

  • La durée annoncée doit être vraie. Nos "environ quinze minutes" du premier essai en ont pris plus de trente. Depuis, on annonce quinze à trente, et on a coupé le questionnaire à dix questions pour que ce soit vrai. Une durée fausse, c'est une interview abandonnée.
  • Les profils seniors décrochent. Le directeur qui a "déjà tout dans la tête" lâche au deuxième tour. L'invitation vient de son dirigeant, jamais d'une relance automatique, et la première question lui laisse dire ce qu'il fait vraiment.
  • Deux questions à la fois, c'est une de trop. L'agent a tendance à empiler. Le prompt le lui interdit, et vous le rappelez à l'ordre s'il le fait.
  • Un agent qui conseille casse l'interview. Dès que Jamy suggère un outil ou une amélioration, la personne se justifie au lieu de raconter. Il apprend, il ne corrige pas. Les améliorations viennent après, d'un autre atelier.
  • Un playbook non relu n'est pas un playbook. Le bouton "je valide" doit être la fin naturelle du parcours, sinon les documents restent dans les limbes, finis mais jamais confirmés. On l'a appris en retrouvant quatre playbooks terminés que personne n'avait validés.
  • Ce que la personne dit faire n'est pas ce qu'elle fait. Un playbook d'interview est une v0. Il devient vrai par l'usage : l'agent l'applique, se trompe, et l'erreur devient une règle. C'est la boucle de l'atelier harnais.

Et après : la bibliothèque, puis le harnais

1. Une personne par semaine. Pas de grand chantier. Une interview par semaine, en commençant par les métiers où le savoir est le plus concentré sur une tête : la prise de commande, le planning, l'ADV, la maintenance. En un trimestre, dix playbooks.

2. Rangez-les au même endroit. Un dossier par métier, un fichier par personne, dans votre Drive, SharePoint ou dépôt GitHub. C'est ce dossier qui devient le contexte de votre boîte, celui qu'on donne au modèle.

3. Branchez-les sur vos agents. Chaque agent que vous déployez ensuite, qualification de leads, réponse client, préparation de devis, relit les playbooks concernés avant de travailler. C'est le harnais : le savoir métier autour du modèle. Sans lui, l'IA répond en général. Avec lui, elle répond chez vous.

Ce qu'on vous souhaite de vivre. Le moment où Marie relit son playbook et dit : "c'est exactement ça, et je ne l'avais jamais écrit". C'est là que la boîte commence à se connaître.

Les sources honnêtes de cet atelier

Jamy est un outil Marge, construit en mission et déjà rodé chez cinq clients. Le principe de l'agent qui interviewe plutôt que de faire écrire vient de notre atelier Cowork, où un prompt d'interview produit le fichier de contexte d'un dirigeant. Cette page en est la version métier : la personne interviewée n'est plus vous, c'est celle qui sait.

Jamy, on le déploie chez vous

Vingt minutes vous donnent un playbook. Quarante personnes, des scénarios par métier, la récolte dans le contexte commun et les agents qui le relisent, c'est une mission. C'est exactement ce que Marge installe chez les ETI.

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